Team Building dans la jeune entreprise en création

La rencontre et le choix de la collaboration entre entrepreneurs et collaborateurs sont fondées sur une conviction d’un partage de valeurs communes reconnues lors des discussions précédant l’association particulièrement marquée lors de la création de l’entreprise ou dans sa phase d’émergence. Un affectio societatis : des valeurs économiques, des objectifs partagés et dont la concordance immédiate est la valeur ajoutée mesurable financièrement (salaires, capital, avoir-faire) d’une part et d’autre part un « affectio collaboratis » qui au quotidien concrétisent le sens des valeurs philosophiques et les actes. Sur les vecteurs du savoir-vivre du savoir-être :la capacité à fédérer, réunir et soutenir les points de convergence. management, responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise.
C’est d’autant plus important que la jeune entreprise est plus en mode de management communautaire que hiérarchique, euphorie et configuration flottante sont des facteurs de mise en danger de la cohésion et du lien nécessaire à la construction de la relation.
Dès la création de l’entreprise, les valeurs de référence et leurs sens, par exemple l’Ethique, la responsabilité, l’autonomie, sont énoncées et matérialisées par de l’écrit (charte, déontologie, manifeste..) mais aussi par la communication non verbale. Chaque lieu, situation, choix d’organisation ou d’échange est ou sera une occasion d’exprimer ces valeurs, le sens et l’identité du collectif. En un mot : « une profession de foi ».
Composer avec des personnalités différentes
Choisir des personnes différentes et complémentaires, accepter une hétérogénéité pour insuffler de la curiosité et un réel échange : garder des zones de frictions.
Une trop fort homogénéité entraînerait des similitudes comportementales ou intellectuelles trop importantes :peu de transfert pédagogique et d’échanges intellectuels : le confort par manque de diversité effective endort dans un conformisme.
Un leader et des pairs
La hiérarchie n’est pas rejetée mais elle n’est pas la colonne vertébrale primordiale. Un lien hiérarchique ne sera jamais le moteur essentiel de la relation. Le partage de projet, de la complicité et de la connivence oui.
Un leader n’est pas systématiquement celui placé le plus haut dans un organigramme. Surtout en mode communautaire. Cela ne constitue pas à contrario une armée mexicaine. Le credo n’est pas « tous chef », mais « chacun est reconnu et légitimé par ses pairs ». Un supérieur hiérarchique juridiquement parlant est nécessaire (angle institutionnel) mais le leader aura un rôle plus prépondérant dans la relation car il veille au sens, à la non dispersion, à la coordination et l’unité sans perdre de vue la pluralité des intérêts.
Chaque personne est choisie (talent détecté, cooptation) parce qu’elle, à sa manière dans une démarche proactive, apporte une énergie supplémentaire. Une structure aussi souple et agile soit-elle privilégie plus les aptitudes à l’anticipation plutôt que la réactivité. L’appropriation des valeurs sera la reconnaissance du sens et de la valeur de l’entreprise.
Pour autant, chaque acte, comportement de la part de chacun doit être pensé et motivé par le sens et les desseins communs. L’intérêt du bien commun prévaut sur l’individualisme.
Etre ensemble
Le partage des valeurs peut générer la relation. Mais, il ne suffit pas à faire vivre la relation. Il est important de très vite déterminer et mettre en œuvre le mode de management adapté. Etre présent et actif : en situation d’écoute, d’observation mais aussi d’expression. Chaque échange doit soit conforter une analyse ou permettre de dégager des clefs d’adaptation ou de changements. Exercice subtil et difficile : équilibrer les échanges formels de travail, balisés : réunions, groupe de travail imprégnés d’une contrainte économique, temporelle et les échanges informels imprégnés de relationnel et du besoin d’harmonie.
A notre époque, nous disposons de plus en plus d’outils ergonomiques pour générer et moduler le lien fédérateur, les ressources communes. Choisir des modes d’échanges fondés sur la disponibilité choisie de proximité ou non. Forums, tchat, vidéo ou call-conférence offrent des facilités réelles non négligeables.
La présence physique n’est plus obligatoire : combien de personnes ont des contacts nombreux sur des forums et bien des mois se sont écoulés avant la première rencontre physique ou l’adoption de rituel en présentiel ; mais elle ne demeure pas moins indispensable à un moment ou un autre.
Dans la convivialité
Organiser des rituels légers mais fédérateurs marqués par des temps forts : vivre dans un lieu à l’image du groupe : des bureaux chaleureux, conviviaux et pas impersonnels. Une décoration personnalisable dans des lieux en adéquation avec l’esprit du groupe.
Ne pas attendre les évènements naturels « corporate » ou classiques pour se retrouver, mais accepter le mode festif spontané. Bien sûr, il y aura toujours la possibilité d’entretenir sur le mode ludique ou pédagogique en mode séminaire (cf ; article de Laurent Tylski). Mais le séminaire vient en renforcement de postures quotidiennes très rarement pour initier une cohésion (exercice vécu sur le mode péremptoire).
Ne pas créer le fusionnel par l’obligation du groupe d’adhérer à un choix imposé, mais choisir ensemble. Ainsi chaque collaborateur peut initier, proposer. L’échange à l’instar d’un tamis dégagera le consensus. La communauté choisie par et pour tous.
Il serait contre-performant et cynique de s’inscrire dans la prétention et le faux-semblant. la récupération d’une tendance pour l’inclure par diktat dans un système traditionnel en opposition avec les idées et valeurs énoncées.
A cela plusieurs raisons : un ‘‘vernis propagande » est désagrégateur: L’imposture ne tient jamais bien longtemps. La ruine de l’implication des collaborateurs et leur système de défense seront imparables : certains partiront sur la forte position de la trahison. La crise culturelle peut s’avérer majeure aux conséquences quasi-irréparables. D’autres resteront mais joueront sur le mode « barbouze : je me sers et délivre le moins possible au collectif et seulement ce qui nécessaire à ma stratégie pour atteindre seulement mes objectifs ».
« La performance vient de la convergence des énergies et des compétences dans des processus guidés par des valeurs communes » Roger Nifle.
Le défi de la jeune entreprise sera de garder sa cohésion d’équipe et le sens de ces valeurs pendant sa croissance et ses passages de seuils de maturité (économique, philosophique). Ce n’est peut-être pas anodin si notre époque redécouvre les modes de gestion et d’organisation des sociétés de coopératives. L’Humain centré, définissant et agissant au quotidien pour le Bien Commun et le Sens générateur.
Par Sophie Januel - Facilitateur en "Gestion et organisation Back-office PME" pour entreprises agiles !
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