Femm Poto Mitan du Mois
Nous mettrons à l'honneur un membre ou parfois plusieurs membres de notre réseau qui bénificieront d'une visibilité exclusive pendant un mois, dans la communauté www.FemmDoubout.org, pour une présentation complète de leurs activités et de leurs parcours professionnels.
SEPTEMBRE 2011
Lezly Laupen

L’écologie, depuis quelques années, est une mode politique, nécessaire évidemment, mais dont l’application reste encore bien trop aléatoire : étendard de programmes, elle n’est finalement qu’une idée le plus souvent irréalisée faute de moyens et de volonté politique. C’est donc au quotidien, dans les collectivités et dans les associations, entités dont nous défendons le travail depuis des années, qu’il faut chercher un espoir, une promesse d’un monde qui aurait réellement conscience de lui-même. L’écologie, également, demande une volonté. Cette volonté, c’est dans le parcours d’une jeune guadeloupéenne que nous la retrouvons, intacte. Lezly est une enfant des Abymes, née en 1986, où elle a étudié, en dépit d’une santé fragile, jusqu’à l’obtention de son baccalauréat en 2004. Comme beaucoup de nos compatriotes, elle se rend alors en France, à Poitiers exactement, où elle est admise à l’IUT. Elle prépare alors un Dut de Chimie qu’elle obtient deux ans plus tard. Pourtant, sa santé ne la laisse pas en paix. En 2006, les médecins identifient sa maladie, un lupus érythémateux, une maladie affectant le système immunitaire. Le diagnostic fait peur. Pourtant, Lezly ne veut pas que sa maladie soit un frein à ses ambitions. Elle s’inscrit donc à l’Université de Paris-Diderot, en licence de Chimie, pour un travail qui se concentre essentiellement sur la mesure de la qualité des eaux en région parisienne. C’est à ce moment que la volonté évoquée plus haut se forme en Lezly, se forme et se renforce : deux fois, elle sera hospitalisée, en Guadeloupe, puis à Poitiers, la retardant dans ses études. La maladie est là. Elle ne peut en aucun cas démoraliser la jeune femme qui a décidé qu’elle poursuivra, en apprenant à se connaître, ses études. En 2008, elle obtient sa licence. Puis son Master 1. Et ce, même si sa maladie la contraint à arrêter une année de plus son cursus. 2010 est l’année de son inscription en Master 2. Sa spécialisation est trouvée : ce sera le management environnemental. Faire en sorte que l’espace soit respirable. Faire en sorte que les espaces soient des endroits où l’homme puise s’épanouir dans le respect de lui-même et de ce qui lui a été donné. C’est la région parisienne qui aura la primeur de la volonté de Lesly de s’investir dans cette cause. En parallèle de son Master 2, elle travaille pour le Conseil Général du Val de Marne en tant que responsable d’un plan sur l’Energie dans le département. En parallèle, toujours, elle organise un colloque réunissant plus de deux cent participants sur le Développement Durable. Celui-ci aura lieu en Mai 2011. En parallèle, enfin, on retrouve Lezly impliquée dans pas moins de cinq associations liées au développement durable, comme bénévole. Une façon de rattraper le temps perdu ? Non, une façon admirable de faire réellement avancer l’écologie pour nous. C’est naturellement, donc, que le 5 Septembre, elle a reçu, à l’Assemblée Nationale, le Prix d’excellence de « La Femme d’exception » du concours « De l’ombre à la lumière.» Nous ne pouvons que nous associer au concert de louanges qui lui furent adressées alors. Sans doute pourrons-nous le faire un jour en Guadeloupe, là où elle rêve de revenir pour travailler à sensibiliser nos populations à la nécessité écologique. La volonté est là, devant nous. La volonté est antillaise. La volonté a, comme vous le constaterez sur les photographies, un sourire qui pourra convaincre n’importe quel réfractaire à cette nécessité, et n’importe quelle maladie. De l’ombre à la lumière. Mais à la lumière naturelle, la plus belle d’entre toutes.
Article de N.P _ Femmdoubout le 26/09/2011
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Alexandra Guellil

La femme, ou plutôt la jeune femme présentée ce mois-ci par «Femmdoubout » est difficilement localisable sur le planisphère : de Cayenne à Québec, en passant par l’Algérie et le Nigéria, Alexandra n’est pas, dans notre esprit, qu’une voyageuse. C’est avant tout une exploratrice qui aurait troqué ses armes contre un micro et un magnétophone afin de les poser au plus près de l’épiderme du monde et de ses habitants, au plus près de sa mémoire. Et, ce qu’elle ramène de ses explorations n’est pas un simple bien mercantile, c’est bien plus, c’est une parole qui, de lèvres en lèvres, se délie sous l’effet de ce micro et se pose sur les ondes des radios. Notre exploratrice, donc, est née il y a vingt trois ans dans le nord de la France avant d’arriver toute jeune en Guyane, près de Cayenne, auquel elle rend un bel hommage sur son blog, alexandraguellil.com, en y laissant une trace des transformations de deux lieux symboliques de la ville. Nous ne saurons pas davantage de son enfance, sinon qu’on l’imagine volontiers à flâner sur la place des Amandiers, à l’écoute des rumeurs du monde. Et un peu plus tard, dans les bureaux de France-Guyane (le quotidien d’informations locales), à l’écoute cette fois des professionnels initiant la jeune de fille de dix-neuf ans aux possibilités médiatiques. Pourquoi ne pas concilier les deux ? Après l’obtention de son baccalauréat, elle cède aux rumeurs du monde, et entame son périple à Levallois-Perret, dans une école où elle s’inscrit en master de journalisme audiovisuel, afin d’apprendre les bases d’un métier qu’elle ne pratiquera pas comme les autres. Elle est donc établie en France jusqu’en 2010, ce qui ne l’empêche pas de se souvenir de ces rumeurs et d’enrichir ses études par diverses expériences hors des sentiers battus : elle commence comme stagiaire à Grioo.com, le site d’information dédié au monde africain. Puis, elle devient le temps d’une journée l’une des organisatrices d’un débat qui a lieu à l’hôtel de ville de Paris sur « la transmission de la mémoire de l’esclavage et la traite négrière dans les médias ». Enfin, elle redevient stagiaire à RFI, pour quelques mois, le temps cette fois de s’intéresser au cinéma du monde, à l’identité afro-caribéenne et de réaliser un hommage radiophonique à Aimé Césaire pour valider son diplôme. De telles thématiques ne peuvent que susciter des envies de départ. Son expérience (marraine de stage en faite) à RFI lui permet de participer à la mise en place du « Ion international film festival » de Port-Harcourt, au Nigéria lui offrant la possibilité d’être assistante coordonatrice. Dans le même temps, Alexandra est aussi coordonatrice du festival « Songes d’une nuit DV », dédié au cinéma numérique qui montre un pays, la France, et un monde, en complète métamorphose. Durant six mois, Alexandra va travailler à ce que ces deux festivals existent, rencontrant les cinéastes, les distributeurs afin qu’ils posent un autre regard sur le cinéma du monde. Durant six mois, Alexandra apprend le monde africain. L’Afrique reste cependant dans un coin de sa tête. Et, c’est la Radio Chaîne 3 à Alger, puis Radio Algérie internationale qui lui offrent l’occasion d’y retourner et découvrir autrement l’Algérie. Elle y perfectionne alors sa pratique du direct, de l’entrevue et du reportage. Mais comment, après tous ces voyages, alors qu’elle n’a que vingt deux ans, ne pas oublier la Guyane de son enfance ? La réponse est dans cette phrase : en partant pour Québec. En effet, depuis 2010, Alexandra poursuit ses études dans une des villes les plus cosmopolites du monde, à l’Université Laval, en maîtrise de journalisme international. Le titre de son essai? « Le journalisme politique : le compromis entre équité, objectivité et citoyenneté. Le cas des consultations publiques en Guyane Française.» C’est donc depuis le continent nord-américain qu’Alexandra réintègre sa terre d’enfance, qu’elle participe à sa pensée. Pour autant la boucle n’est pas bouclée. Nous ne savons pas encore quelles terres notre exploratrice abordera, armée de son micro, dans les prochaines années. Mais il est certain que nous serons de plus en plus à rester au bord des lèvres de ceux qu’elle écoutera, au bord de la parole qu’elle saura recueillir, dans n’importe quelle autre région du monde, et qu’elle diffusera. Tout l’or du monde. (Quelle belle chute … !)
Article de N.P _ Femmdoubout le 18/09/2011
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Sandra Hippocrate

Fonction : Consultante indépendante en Stratégie de Développement International
Il existe certaines femmes dont le parcours, à vue d’œil, semble être celui d’une femme pressée. Nous savons toute la connotation péjorative de cet adjectif auquel est associé le plus souvent l’égoïsme, le machiavélisme ou la « profitation. » Pourtant, lorsque nous avons rencontré Sandra, et lorsque nous avons consulté son C.V., c’est bien le terme de « femme pressée » qui nous est venu à l’esprit sans que cela soit dépréciatif, au contraire : Sandra est pressée, certes, mais pressée d’être autonome, pressée de mettre ses compétences et ses idées au service des entrepreneurs antillais, pressée de rendre à son pays ce que ce dernier lui a donné. C’est le lycée général de Sainte-Marie qui a eu l’honneur d’accueillir cette étudiante qui obtiendra son baccalauréat en 2004, puis c’est l’U.A.G. qui prendra le relais, durant quatre ans dans sa section droit où, sans encombre, elle obtient un master 1 de droit privé, puis un master 2 de gestion et d’évaluation d’entreprises. Le projet de Sandra prend alors forme. Il s’agira pour elle d’analyser, de comprendre puis d’aider le tissu socio-économique des Antilles afin que puisse s’y épanouir un avenir meilleur. Pas encore diplômée, Sandra enchaîne les stages dans divers domaines pour asseoir ses connaissances : on la retrouve d’abord à la direction départementale de l’équipement, puis à la chambre de Commerce et de l’Industrie, pour de courts séjours avant de la voir s’envoler pour Trinidad pour trois mois où elle devient agent de liaison auprès de la TTMA ( Trinidad and Tobago manufacturer’s association ) afin de créer des liens commerciaux entre cette démocratie anglophone et notre île, si souvent isolée de ses sœurs de la Caraïbe. Après un autre passage à la chambre du Commerce et de l’Industrie, Sandra quitte le domaine public afin d’enrichir son expérience dans le domaine privé. Nous sommes fin 2009, Sandra vient d’obtenir son master 2, et c’est dans le domaine de la grande distribution qu’elle fourbit ses premières armes d’indépendante. Elle est chargée d’analyser le marché martiniquais afin d’alimenter au mieux les grandes surfaces de l’ile selon les besoins de la clientèle. Mais imagine-t-on Sandra, très au faite des besoins et demandes des entrepreneurs martiniquais ne pas mettre pleinement son savoir-faire au service de tous ? L’expérience auprès des grandes surfaces s’achève en Mars 2010. Sans doute a-t-elle déjà en tête ce qui sera son projet. Elle passe quelques mois encore dans un cabinet de gestion avant, durant l’été 2010 de passer à l’action et de s’établir à son compte comme consultante en stratégie de développement international. Elle n’a que vingt-cinq ans. Horizon’s consulting, le nom de sa société propose aux entrepreneurs de les aider dans leurs démarches pour trouver de nouveaux marchés commerciaux. Son champ d’action est vaste : depuis les conseils pour créer une entreprise, Sandra peut également chercher des partenaires, des sponsors, des sous-traitants, des expositions, en somme tout ce qui aide, de près ou de loin, à optimiser les résultats d’une entreprise antillaise. Après un an, un premier bilan s’impose : il est simple, il s’agit d’une réussite. Sandra démontre qu’avec de l’envie et du sérieux, il est possible d’être une « femme pressée » en Martinique. Enfant de notre ile, elle vient peupler la galerie de ces femmes que nous vous présentons, absolument convaincue que l’avenir peut être et sera antillais.
Article de N.P _ Femmdoubout le 06/09/2011
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