Génération "estudiantine"
"Quel regard porte notre jeunesse sur son avenir professionnel ?"

On entend souvent dire que la jeunesse dans les départements d’Outre Mer est un peu en perdition : sans repaires, sans réelle ambitions, et désarmés face à une société en souffrance. Mais est-ce « Leurs réalités »? FD a voulu en savoir plus, et donne pour l’occasion la parole à Jeanice Bordes une jeune adolescente de 16 ans qui a pour objectif de devenir Journaliste Politique...
À 16 ans, j'en pense quoi?

Aujourd’hui, en plein cours, on reçoit la visite de deux conseillères d’orientation. Pendant une heure environ, elles nous informent et nous questionnent. Je prends des notes. Quand elles s’en vont, c’est notre professeure qui prend la relève en ouvrant un débat sur notre avenir professionnel. La question est simple « Qu’est-ce que vous voulez faire plus tard et pourquoi ? », mais étrangement complexe dans sa simplicité. Intérieurement, je retourne la question dans tous les sens « C’est vrai, concrètement, je ferai quoi, Demain ?». Dans la classe, ça réagit, ça discute, ça débat : BTS photo, école d’Art, école de Musique, fac de Droit, communication, école d’écrivain, Editeur… Quand soudain : « Et toi Jeanice? » … Moi ? … Je ne savais pas quoi répondre, mais dans ce genre situation, quand tous les regards son fixés sur vous, quand tous sont suspendus à vos lèvres et, surtout, quand c’est la prof qui le demande, IL FAUT répondre … « Je n’en sais trop rien, je verrai bien, je choisirai ce qui me plait le plus ». Aussi faudrait-il savoir ce qui me plait. A la sonnerie, bien que le débat, « prof/élèves » soit terminé, celui entre « potes » continuait. Ne pouvant pas y prendre part, je m’éloignais, interrogative. Il m’est revenu à l’esprit que, dans mon enfance, j’étais persuadée de connaître déjà mon futur métier. C’était si simple d’affirmer, insouciante : « Je serai docteure ». Enfant, j’étais loin de tout cela. A présent que je suis un peu plus proche de la réalité, plus j’avance, plus je suis incertaine… plus j’ai peur. Peur d’échouer, de rater un examen, un concours. Peur de recommencer plusieurs fois une même année d’étude. Peur de faire les mauvais choix, de me rendre compte en cours de route que la voie dans laquelle je me suis engagée ne me convient pas, peut-être n’aurais-je plus le temps ou le courage de recommencer.
Inquiétude ou sérénité?

Peur de TROP galérer, on doit tous passer par une période un peu difficile mais indissociable à l’entrée dans la vie professionnelle, celle où on à besoin d’un appart’, d’une voiture, et de revenus autres qu’une bourse d’étudiant, pour vivre - bourse qui, soit dit en passant, couvre à peine les frais matériels pendant les années d’étude. Et même, peur de grandir. Une chose est sure, je ne passerai pas ma vie à étudier. Ce fut un temps, les longues études étaient l’assurance de trouver un travail, à la hauteur de ses diplômes, mais aujourd’hui un BTS (Brevet de Technicien Supérieur) garantit plus un emploi qu’un master ou un doctorat. Combien de temps exactement devrais-je passer à étudier ? Deux ans ce n’est pas assez, huit c’est trop et cinq ce doit être lassant. Cela dit, il faut ce qu’il faut… Je me suis renseignée sur les différents débouchés qu’offre le Bac littéraire, il y a beaucoup de choix, contrairement à ce que l’on pense généralement. Beaucoup d’entre eux m’ont plu mais mon attention s’est portée plus particulièrement sur le journalisme. C’est un métier de recherche, d’analyse, de rédaction, de communication, de diversité, de voyage, de rencontre. C’est à mes yeux un de ces métiers où l’on apprend tous les jours. Préparer son entrée dans la vie professionnelle, c’est prendre en compte plusieurs facteurs : Le taux de chômage, le logement, l’encadrement social etc.

Or les faits ne sont pas rassurants. Il y a de plus en plus de jeunes, diplômés et compétents, à la recherche d’emplois stables et évolutifs, en Guadeloupe comme ailleurs. Les emplois disponibles sont insuffisants. Il y a de plus en plus de jeunes entrepreneurs, de plus en plus de choix pour les employeurs… Je l’avoue, mon avenir professionnel m’inquiète un peu. Je me pose beaucoup de questions. Devrais-je quitter la Guadeloupe ? J’ai toujours pensé à quitter l’île après le Bac, mais pour aller où et pourquoi ? Serais-je plutôt employeur ou employée ? Être son propre patron c’est bien, mais c’est aussi beaucoup de responsabilités, de contraintes. Je n’ai pas envie d’entrer dans la vie professionnelle, comme ça, de la sorte : je préfère attendre d’avoir un peu plus d’expérience. Je suis consciente du fait que du haut de mes 16 ans, c’est aujourd’hui que tout se décide, que tout se construit, que ce soit du point de vue professionnel ou personnel. C’est aujourd’hui que je dois faire les bons choix. J’entends souvent les adultes dire « si j’avais su j’aurais fais autrement, je donnerais tout pour recommencer, revenir à mes 16 ans », j’espère ne jamais avoir à tenir ces propos. Il me faut trouver la voie qui me convient, le nombre d’années d’études et la charge de travail, que je serais capable de gérer, le métier qui saura me faire voyager, découvrir, apprendre, rencontrer. Je ne veux pas regretter... Quand je me mets à rêver d’une vie parfaitement réussie, sans regrets et sans échecs, je me trouve parfois un peu utopiste, mais au final je pense qu’il faut « viser haut pour aller loin », c’est ma devise, je m’en suis convaincue et j’en ai fait ma philosophie. Alors, je dis à celles et à ceux qui, comme moi, sont indécis et quelque peu inquiets pour leur avenir, tout en étant ambitieux, « N’ayez pas peur d’y croire, les rêves sont faits pour être réalisés, et surtout… visez haut, vous irez loin. »
Propos recueuillis par Femmdoubout _ le 02/06/11
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Le programme erasmus

Le programme Erasmus permet d'améliorer et d'augmenter la mobilité étudiante et enseignante, ainsi que la transparence et la compatibilité des qualifications dans l'enseignement supérieur et la formation professionnelle supérieure en Europe. Les avantages principaux de ce programme sont l'exonération des droits de scolarité de l'université d'accueil, la reconnaissance formelle de la partie des études effectuées à l'étranger, ainsi que le maintien des bourses, prêts et couverture sociale du pays de l'université expéditrice. Afin de valider sa période d'étude à l'étranger, l'étudiant doit choisir un programme d'étude qui fait partie intégrante du programme qu'il suit dans son université d'origine. De plus, l'étudiant concerné doit avoir achevé sa première année d'étude universitaire. Enfin, un contrat d'étude est signé avant le départ de l'étudiant qui fixe la liste des matières qu'il devra suivre, ainsi que le nombre d'ECTS correspondant à chaque matière. Afin de valider sa période d'étude à l'étranger, l'étudiant devra alors obtenir l'ensemble des ECTS prévus dans son contrat d'étude.
Le Programme Vacances Travail (PVT)

Le Programme Vacances Travail (PVT) favorise la mobilité des jeunes à travers le monde. La France a signé des accords bilatéraux avec : le Canada, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour et la Corée du Sud. Ce programme s’adressant à de jeunes français âgés de 17 à 35 ans (selon les destinations), résidant en France, permet de découvrir une nouvelle culture, « booster » ses compétences ou tout simplement voyager en ayant, la possibilité de travailler pour subvenir à ses besoins. Soumis à certaines conditions qui varient selon le pays d’accueil, le PVT est relativement facile à obtenir. Il suffit de retirer (ou télécharger sur leur site Web) un dossier auprès de l’ambassade du pays concerné. Non renouvelable et d’une durée maximale de 6 à 12 mois, il peut être utilisé pour plusieurs emplois. Cependant, le fameux sésame est parfois assujetti à des quotas (en particulier au Canada) d’où l’intérêt, d’effectuer les démarches nécessaires au plus vite, quelque soit la date de départ. Victime de son succès, l’ambassade du Canada dont la demande de PVT s’effectue à partir du mois de novembre, a ainsi, vu ses quotas de 7000 places pour cette année, atteints dès le mois de février ! Il est envisageable de cumuler successivement plusieurs PVT différents. Conditions sine qua non pour participer au PVT: détenir un passeport valide lors de la durée du séjour et justifier d’un minimum de ressources financières (entre 2100 et 3000 euros). Le PVT constitue un moyen simple d’allier expérience professionnelle à l’étranger et tourisme à condition de bien préparer son départ.
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