J'ai décidé de me trouver un job d'été...

Bac+4, Bac +7, Bac+5… C’est bien joli tout cela, mais sur un cv lorsque l’on postule pour un emploi, il faut pouvoir justifier d’une expérience professionnelle, même la plus minime qu’elle soit. En juillet 94, j’avais 16 ans, et ce ne fût pas que pour moi l’année de mon premier amour, mais aussi l’année de mon premier emploi saisonnier. Celui, qui me fit entrer dans l’univers du monde de l’entreprise, qui était alors un grand inconnu pour moi. J’y ai acquis d’emblée pendant ces vacances scolaires une grande maturité et une grande fierté de pouvoir à la fin du mois fiche de paye en main, dépenser avec une certaine délectation les premiers sous provenant du fruit de ma labeur. C’est au tour de Jeanice d’avoir cet âge en 2011, elle a accepté de nous décrire sa recherche et ses impressions lorsque l’on veut décrocher un job d’été.

La chronique de Jeanice Bordes

Qui dit vacances dit voyages, soleil, plage, sortis entre amis etc… Mais cette année, pour moi, été rime avec emplois saisonniers. J’ai décidé de me trouver un job d’été. C’est dans cette optique que, ce matin, j’arpentai les rues de Point à Pitre à l’affut de toutes galeries marchandes (magasins de prêt à porter, bijouteries, boulangeries, snack …), munie de ma seule volonté. Avec un grand sourire, je lançais le même refrain : « Bonjour Madame, je m’appelle Jeanice,  j’ai 16 ans et je suis à la recherche d’un CDD pour cet été. Je passais devant votre enseigne et je me demandais si par hasard vous n’aviez pas besoin de quelqu’un ? Parce que je suis disponible »  … et je me heurtais systématiquement à la même réponse : « Non, je suis désolée mais on a déjà tout ce qu’il nous faut au niveau du personnel. Essayez à côté. » … Mais, parce que qui ne tente rien n’a rien, je rétorquais : « Je vous laisse mon numéro au cas où vous changeriez d’avis. Au revoir, madame. Bonne journée.» . A la fin de la journée je comptabilisais une quantité indénombrable de non et quelques « on vous rappellera ». Le lendemain je tentais ma chance à Jarry, puis au centre commercial… même refrain, même réponse, même rengaine. Cependant, plus je réfléchis à ce job d’été plus je me rends compte qu’en réalité, ce serais bien que certains ne me rappellent pas. C’est qu’il y a certaines choses que je ne veux vraiment pas faire, comme travailler dans un snack. Je l’ai fait une fois et par expérience je sais qu’il n’y a rien de plus chiant. La plonge, le service, la caisse, l’odeur de friture… Non, vraiment, je n’aime pas. J’ai essayé, c’était éreintant, et mal payé. 

En revanche travailler dans une boutique souvenir je trouve ça pas mal, les touristes sont tellement naïfs qu’ils dépensent sans compter dans tout ce qui est exotique, ils s’extasient devant des caramboles simplement parce qu’elles ont la forme d’une étoile, ils achètent tout et n’importe quoi et investissent des centaines d’euros dans des maillots ou short de bain. Oui, le secteur touristique c’est pas mal. Mais, les seules offres que j’ai eues provenaient des différents snacks de Jarry et de Point à Pitre. Alors j’ai opté pour Jarry. Je préparais des Paninis et des desserts, j’alternais le service et la caisse. Et, contre toute attente, ce petit restaurant me réconcilia avec les snacks. La nourriture y était saine, contrairement aux plats trop gras qui caractérisent la restauration rapide, le personnel était accueillant et les responsables chaleureux. J’y ai même appris quelques astuces de cuisine comme l’allumette que l’on doit placer entre les dents pour éviter de pleurer quand on coupe un oignon, et de multiples recettes de salades. J’y suis restée un mois. J’ai donc connu cette année mon premier job d’été, étape importante parmi toutes ces étapes qui, dans une vie, permettent de s’émanciper. J’ai gouté en juillet à un petit bout d’indépendance. Je gérais ma vie, seule, pendant un mois, et aux invitations à des soirées,  je répondais avec fierté « non je peux pas je taff demain ». Mais mieux encore,  j’avais, en fin de mois, en ma possession, mon salaire. J’avais travaillé pour l’avoir et je me réjouissais de l’investir dans des choses futiles. De plus, j’ai eu la chance de tomber sur des gens cools et d’élargir mon cercle d’amis en y ajoutant mes collègues d’un été. Ils m’ont suggéré de revenir, l’an prochain… pourquoi pas ?

 

 

 

 

Propos recueillis par Femmdoubout _ le 15/08/11

Tous droits réservés à FEMMDOUBOUT



Commentaires

Veuillez entrer le code.
* Champs obligatoires
Aucune entrée disponible

10 conseils pour bien préparer sa visite

Trouver un Job pour l’été quand on est étudiant(e) et sans expérience, ça ne s’improvise pas. Avant de rencontrer les recruteurs, prenez le temps de bien vous préparer en suivant les conseils de Pôle emploi : 

 



1) J’identifie mes atouts, mes qualités, mes connaissances

2) Je sais ce que je peux faire et ne pas faire

3) Je recherche des métiers qui peuvent me correspondre

4) Je rédige un CV clair qui fait ressortir mes atouts et mes connaissances

5) J’imprime suffisamment de CV pour les remettre aux recruteurs

6) Je consulte la liste des exposants et je sélectionne des postes

7) Je me renseigne sur les entreprises sélectionnées et sur leurs métiers

8) Je me prépare à passer des entretiens d’embauche

9) Je m’entraine devant un miroir pour me présenter en 2 minutes

10) Je communique aussi par mon image, en entretien, la première impression est déterminante.

 

Pour en savoir plus, consultez la rubrique Pratiques pour Trouver un emploi sur www.pole-emploi.fr



Bon à savoir

Un job d’été est un emploi comme un autre : il est soumis au droit du travail.

Un job est un CDD : un « Contrat à durée déterminée » qui doit donc faire l’objet… d’un contrat !

La durée légale du travail est de 35 heures hebdomadaires.

Comme tout emploi, un job doit faire l’objet d’un bulletin de salaire et du versement d’un salaire.

Le salaire minimum est au moins égal au SMIC, sauf convention plus favorable. Au 1er janvier 2011, il est égal à 9 € brut de l’heure soit 1 365 € brut par mois sur la base de 35 heures hebdomadaires.

Un job d’été est également un bon moyen pour découvrir le monde du travail et permet souvent aux jeunes d’acquérir leur première expérience professionnelle, tout comme il permet aux personnes à la recherche d’un emploi de relancer leur motivation lors d’une période de chômage de longue durée.



FD vous recommande...

SOS Stage et premier emploi : savoir-faire et savoir-vivre en entreprise. 40 fiches conseils et activités pratiques corrigées pour déjouer les pièges de l'entreprise 

 

de Nathalie Costa

 

Petit bloc-notes pratique pour bien s'intégrer lors de sa première expérience professionnelle en entreprise : des conseils concrets et efficaces et des activités corrigées pour mettre toutes les chances de son côté. Public : stagiaires et jeunes diplômés.



6.0 Bouton Commandez 100-30

1000 Pistes de jobs étudiants  

 

Marine Mignot, Anne Duchemin



Trouver le job idéal. Trouver un job, c'est bien. Mais trouver un job adapté à votre emploi du temps, bien payé et valorisant sur votre CV, c'est mieux ! Pour vous aider, ce guide répertorie toutes les pistes de jobs possibles, classées par secteurs d'activité avec, à chaque fois, la description des missions, les profils recherchés, les rémunérations et les adresses des employeurs. Comment le décrocher. A quelle période contacter les entreprises, comment s'y prendre, comment rédiger son CV et sa lettre de motivation, faut-il joindre une photo ? Des conseils et des modèles vous permettront de rédiger une candidature convaincante. Les meilleures adresses pour trouver un job dans la vente, la restauration, les loisirs, l'animation, le baby-sitting... Les jobs à l'étranger. Enseignement, tourisme, hôtellerie, restauration, agriculture, séjours au pair, ces secteurs recrutent à l'étranger. Partez l'esprit tranquille : du visa à la couverture sociale, réglez les problèmes matériels et administratifs avant votre départ. Où partir. Pays de l'Union européenne, Etats-Unis, Canada ou Australie... Vous trouverez toutes tes formalités, les adresses utiles et tes pistes de jobs pour vous aider à vous expatrier.

 

 



6.0 Bouton Commandez 100-30

Premier emploi : quand les jeunes racontent


Anne Dhoquois , Philippe Baumann


Ils sont âgés de 19 à 28 ans, habitent aux quatre coins de la France et font valoir des niveaux de qualification très disparates. Mais ils ont un point commun : vivre leur première expérience professionnelle significative, dans une entreprise, une association ou au sein du secteur public. Et ce moment charnière de leur vie, rendu particulièrement difficile en temps de crise, ils le racontent avec leurs mots à travers 24 récits concrets et incarnés, des premières étapes de leur orientation à l'immersion dans le monde du travail. Rapport à l'autorité, aux collègues, compréhension des codes, mode d'intégration, découverte de soi en tant que salarié..., tous évoquent leurs premiers pas avec sensibilité, partageant leurs doutes, leurs joies ou leur colère. Et pour tirer quelques idées force de cette parole brute, mais aussi étendre notre champ de réflexion, des experts commentent chaque chapitre et une enseignante/chercheuse conclut l'ensemble. Un ensemble agrémenté de créations graphiques, réalisées par les jeunes eux-mêmes, et par un travail photographique sur leurs lieux de travail ou ce qui le symbolisait le mieux. Un livre, au final, qui rend possible une immersion inédite, comme une caméra embarquée, dans la tête de cette "génération Y" qui fait couler beaucoup d'encre... Ici, la parole leur est donnée. Écoutons-la.

 



6.0 Bouton Commandez 100-30