Sandrine Joseph
39 ans - Responsable de la communication Digitale
Sandrine Joseph se définit avant tout comme étant un Poto-Mitan. Femmdoubout ou femme digitale, elle est en tout cas un modèle de référence et de réussite dans le domaine de la communication pour la plus grosse business unit de l’opérateur leader français. Femme manageuse, femme bloggeuse, femme riskangel, femme de réseau : elle a très bien compris que l’on peut être de partout à la fois grâce au e-technologie. Rencontre avec cette martiniquaise qui use et abuse de l’e-influence…

Femmdoubout : « Sandrine peux-tu te présenter à nos lectrices?»
Je suis née à Paris, de parents martiniquais. Je suis une femme à multiples facettes, curieuse et engagée dans trois causes : l’empowerment des femmes noires en Europe, le développement d’entreprises innovantes au sein de mes deux associations (co-fondatrice de RiskAngel – et Vice-présidente d’OutreMer Network et la promotion de l’art contemporain (le collectif artistique Arts & Talents).
Femmdoubout : « Diplômée d’un DEA en stratégie financière à la Sorbonne, tu t’es pourtant très vite détournée du secteur public, où tu aurais pu, sans mal, trouver tes marques et t’y faire une place dorée. Pourquoi un tel choix?»
Je suis diplômée de la Sorbonne – DEA (Master de Recherche) en Stratégie Industrielle et Maîtrise d’Economie et de Finance internationales. Pour financer mes études, j’ai choisi de travailler dans la fonction publique ce qui me permettait de faire le pont entre le contenu pédagogique universitaire (finance, droit, fiscalité) et une activité professionnelle. Je souhaitais intégrer un cabinet de conseil en stratégie : mon projet professionnel s’orientait vers le privé : j’avais du mal à me projeter en termes de carrière dans le secteur public. Peu de temps après la fin de mes études, j’ai été recrutée par un cabinet anglosaxon : le Cambridge Group, plus pour mes connaissances du secteur des télécoms et des nouvelles technologies, qui était le cœur de mon mémoire de recherche, que pour mes connaissances en finance et fiscalité.

Femmdoubout : « Tu aimes l’innovation, les multimédias. Très jeune dans les années 90, tu t’es orienté vers les NTIC en intégrant un cabinet de conseil en stratégie. N’était-ce pas un peu risqué, de se tourner vers un secteur qui était alors encore méconnu du grand public ? »
Le risque est ce qui a rythmé ma carrière ! A la fin des années 90, j’utilisais ARPANET pour alimenter mes recherches. C’est en tant que praticienne que je me suis spécialisée sur le développement d’applications intranet pour les entreprises, puis sur les réseaux haut débit tant pour les entreprises que pour les particuliers. Mon apprentissage auprès d’experts de haut niveau m’a permis d’acquérir au fil des ans une double compétence technique et marketing-communication. L’intuition était que c’était un champ à développer où mon esprit d’entrepreneur pouvait trouver un terrain de jeu fertile. Les années passent vite : en 2011, je reviens à mes premiers amour – communication / internet - pour y développement la stratégie d’e-influence avec de nouveau enjeux à la fois de business et de marque de la plus grosse business unit de l’opérateur leader français (25 milliards de CA et 100.000 employés) :
Femmdoubout : « As-tu rencontré des freins, des injustices ou peut-être des difficultés… tout au long de ton parcours ? Est-ce pour cela que tu te définis comme une femme POTO-MITAN ? »
Certes, j’ai rencontré des difficultés mais également de belles opportunités en faisant les bonnes rencontres : c’est surement la raison pour laquelle je réussis ce que j’entreprends. Les difficultés renforcent la créativité et favorisent le dépassement de soi. L’histoire de Poto-Mitan remonte à quelques années alors que je devais répondre à une interview pour le réseau EPWN (European Professional Women’s Network) il m’a été demandé de me définir en un mot, pour illustrer le titre de l’article. Après des heures infructueuses de réflexion, je me suis tournée vers la personne qui me connait le mieux – ma maman – qui m’a répondu de manière très spontanée : « tu es un poto-mitan », une femme pilier, un guide, quelqu’un qui sait ce qu’il faut faire en toute circonstance, tu as la force et courage de pour faire à l’adversité. On peut se reposer sur toi. C’est ainsi qu’est né mon blog poto-mitan.com pour rendre hommage à mes aïeules, poto-mitan qui ont connu le dépassement de soi, les difficultés, bien plus terribles que les miennes et qui m’ont transmis cet héritage culturel dont la valeur est inestimable. Je le suis aujourd’hui parce qu’elles l’ont été avant moi.

Femmdoubout : « En 2006, tu cofondes le Riskangel qui a pour objectif la promotion de la culture du capital investissement. A ce jour, vos actions ont-elles porté leurs fruits auprès des entrepreneurs, mais aussi des différents partenaires ? »
En 2006, il n’y avait pas de structure associative permettant d’adresser le besoin des entrepreneurs d’être accompagnés tout au long de la durée de vie de leur entreprise : de la création à la reprise transmission, tant pour des besoins financiers que du conseil opérationnel en marketing, technologies, fiscalité, droit, … Mon chemin a croisé celui l’un entrepreneur et d’un expert en fusion-acquisition : nous avons fondé ensemble ce réseau en intégrant dès le départ des partenaires clés dans le financement, dans l’identification de start-up. Le réseau a auto-généré de la valeur par l’investissement personnel des membres rigoureusement sélectionnés pouvaient s’apporter mutuellement. Nous avons aidé des entreprises à lever des fonds, trouver des clients, des fournisseurs. En un mot : nous avons créé et partagé de la valeur avec nos membres : n’est-ce point là l’essence même d’un réseau d’affaires ?
Femmdoubout: « Tu es depuis quelques mois devenue la Vice-présidente du réseau Ultra Marin Outre-mer Network, peux-tu nous en dire un peu plus sur cette activité? »
En 2010 je rencontre Daniel Hierso, Président d’OutreMer Network qui me propose de rejoindre sa dream-team en tant que 2ème Vice-Présidente : ma connaissance du secteur high tech et du financement des start-up pouvant être mise à la disposition des ultramarins de talent. Outre Mer Network est un réseau d’affaires ultramarin qui vise à promovoir les talents ultramarins dans la sphère économique. Nous sommes un lobby au service des hommes et des femmes d’affaires ultramarins présents partout dans le monde. Nous sommes présents dans les médias au travers de partenariats avec BFM par exemple, nous sommes reconnus pour la pertinence des nos actions dans les plus hautes sphères et, plus important, nous sommes appréciés par nos membres pour l’efficacité de nos actions dès qu’il s’agit de développer des affaires.
Femmdoubout: « Depuis l’apparition de facebook, et d’autres réseaux, de ton point de vue, est-ce capital de savoir gérer son image numérique en 2011? »
La gestion de sa présence numérique est fondamentale et demande de faire preuve de bon sens : Google se souvient de tout. Il faut réfléchir avant de s’exposer, sélectionner les informations que l’on met à disposition sur le net et bien sûr être en veille active en permanence.
Femmdoubout : « Quels sont tes projets à venir ? Comptes-tu un jour t’installer en Martinique et y établir un business ? »
Je suis une femme digitale le lieu physique en tant que tel n’a pas d’importance. Mon rôle au sein d’Outre-Mer Neetwork montre que l’on peut être au service de sa région d’origine et promouvoir ses savoir-faire sans pour autant y vivre physiquement.
Femmdoubout : « Quels conseils donnerais-tu à une Femmdoubout en devenir ? »
1- Just do it ! même si un minimum précède l’action.
2- Avoir un projet professionnel cohérent avec son projet de vie & « KISS » - Keep it Simple and Stupid comme disent les américains
3- Préserver son équilibre de vie professionnelle et vie privée peut paraître conceptuel dans son intitulé mais il est la condition nécessaire et suffisante pour trouver l’énergie de se dépasser au bureau, en s’accordant des pauses régulières (partir en vacances, faire du sport, voir ses amis, prendre le temps avec ses enfants, ses parents).
4- S’avoir s’entourer des bonnes personnes et maintenir les néfastes le plus loin de soi. Les bonnes personnes sont au nombre de 4 :
- Un coach : pour prendre du recul avant de mettre en œuvre un changement de fond (choisir en fonction de ses résultats tangibles, de sa formation/certification et bien sûr affinité)
- Un sponsor : une personne qui est capable d’appuyer concrètement vos décisions dans votre environnement professionnel et également protéger vos intérêts lorsque vous n’êtes pas « là ».
- Un mentor : une personne ayant de la séniorité dans le domaine de compétences dans lequel vous vous investissez et qui saura vous faire bénéficier de son expérience
- Un connector : une personne dont la connaissance de votre écosystème vous facilitera l’accès aux informations voire aux personnes clés.
5- Se concentrer sur ses forces et talents et en vous appuyant sur d’autres (employés, consultants, …) pour faire ce que vous ne savez pas faire.
6- Soyez déterminée : Prendre des décisions et s’y tenir ! – sans pour autant tomber dans l’entêtement.
7- Gardez de la bonne humeur dans ce que vous faites! Faites-vous plaisir dans ce que vous entreprenez.
Propos recueillis par Femmdoubout le 12/09/2011
Tous droits réservés à l’association Femmdoubout
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